Histoires de mobilité – Episode n°6 avec Jean Pascal Pin
Peux-tu nous raconter ton parcours depuis ton arrivée dans l’entreprise ?
Je suis arrivé en mai 2023 chez International Paper, basé à Chalon, en tant que Contrôleur de gestion France. Je travaillais avec le Directeur Financier France sur 5 sites : budgets, forecasts, clôtures mensuelles, analyses diverses (stocks, paie…), consolidation et présentation mensuelle des résultats France à l’Europe.
À partir de septembre 2024, j’ai été amené à travailler davantage avec l’usine de Mortagne afin de faciliter la transition dans un contexte de vente à Palm Packaging.
Entre février et juin 2025, j’ai contribué aux travaux liés au rachat IP/DS Smith : synergies commerciales, comparaison des systèmes de coûts, compréhension des impacts clients et volumes.
En juin 2025, j’ai pris le poste de Contrôleur de gestion du site Sud Est tout en continuant à aider à la consolidation France.
Depuis octobre 2025, j’ai en plus les missions de Business Analyst Cluster Est, centrées sur l’analyse commerciale (Chalon, Espaly, Sud‑Est). C’est un rôle nouveau pour moi, beaucoup plus orienté clients et rentabilité des produits.
Comment ce changement s'inscrit-il dans ton projet professionnel ?
Ce n’était pas la voie “toute droite” que j’avais imaginée. Ça représente un détour, mais un détour enrichissant.
La partie commerciale me permet d’avoir une vision beaucoup plus complète du fonctionnement d’un site : pas seulement les coûts, mais aussi comment et à qui on vend.
C’est une expérience transverse qui me servira pour la suite, quand je reviendrai sur une voie plus finance au sens strict.
As-tu été accompagné dans ton projet de mobilité ? Par qui et comment ?
Oui, d’abord par mon ancien manager chez IP, puis par mon nouveau manager chez DS Smith, qui ont tous les deux coordonné la transition, la redistribution des tâches, etc.
Les équipes du Sud-Est m’ont aussi beaucoup aidé pour comprendre le fonctionnement du site, des clients, les attentes côté finance.
Les équipes RH sont intervenues surtout sur les aspects administratifs et contractuels.
Sur la partie commerciale, les équipes ont été vraiment bienveillantes, ce qui a facilité mon apprentissage.
Quels ont été les principaux défis rencontrés lors de ta mobilité ?
Le premier défi, c’est le changement de périmètre : passer d’un rôle France à un rôle site. Cela peut paraître étonnant, mais les ordres de grandeur ne sont pas du tout les mêmes ! Un écart de 40 000 € n’avait pas la même signification à l’échelle de 5 usines qu’à l’échelle d’une seule. J’ai donc dû réajuster mes repères et être très attentif.
Le second grand défi, c’est l’apprentissage du commercial. Je ne connaissais pas suffisamment ce volet : les clients, leurs exigences, les portefeuilles multiusines, la rentabilité des produits… J’ai beaucoup appris en allant chercher l’information, en posant des questions, en découvrant les portefeuilles sur trois usines.
Enfin, il y avait la gestion de deux cultures différentes : IP et DS Smith ne fonctionnent pas de la même manière. Certaines méthodes sont meilleures d’un côté, d’autres de l’autre. Il faut comparer, arbitrer, parfois demander conseil, ça crée des liens !
Qu’as-tu appris sur toi-même ou sur l’entreprise à travers ce changement ?
Cela m’a confirmé que le métier de financier est très relationnel. Les tableaux Excel ne sont que des supports : notre rôle, c’est d’expliquer ce qui se passe, d’interpréter les chiffres, de les rendre compréhensibles pour des personnes dont ce n’est pas le métier.
J’ai aussi réalisé à quel point aller dans l’usine change tout. Je fais toujours un tour en production quand je suis sur site : je discute avec les opérateurs, je regarde quelle commande tourne, s’il y a une panne ou une machine en maintenance. Et c’est apprécié par les équipes.
Ensuite, en réunion, quand on me parle d’une perte de production ou d’un problème sur une machine, je comprends immédiatement ce dont il s’agit : ça donne du sens.
Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans ton nouveau rôle ?
Le fait d’être rattaché à un site. Cela rend naturel et légitime d’aller échanger avec les équipes terrain.
La dimension commerciale, nouvelle pour moi, donne énormément de sens à ce que je fais.
Comprendre à qui on vend, pourquoi on vend tel type de produit, ce que ça implique pour les coûts ou pour la rentabilité, c’est vraiment enrichissant.
Si tu devais résumer ton expérience en quelques mots, ce serait… ?
Nouveauté – Challenge – Apprentissage.
Quel conseil donnerais-tu à un collègue qui envisage une mobilité interne ?
De rester ouvert.
Même si la mobilité ne correspond pas exactement à ce qu’on avait imaginé, on peut en ressortir grandi.
Ce détour m’a permis d’apprendre les méthodes DS Smith, de découvrir la partie commerciale, et d’élargir ma boîte à outils professionnelle.